Articles d'Odile Koehn

 

Travel Inside, 17.1.2003

La Grande-Canarie à l'heure du défi

La Grande-Canarie affronte la défection de la clientèle allemande avec un esprit combatif. Elle diversifie son offre cherchant à consolider certains marchés et à en développer d'autres.

Les graves inondations qui, en août 2001, ont affecté une partie de l'Allemagne ont eu un effet négatif sur le tourisme de la Grande-Canarie. le nombre des entrées de ressortissants allemands a chuté : 659'501 pour la période janvier-octobre 2002 contre 752'333 pour la même période en 2001. Une baisse de 12,34% aux conséquences graves quand on sait que les Allemands représentent 30% de la clientèle de l'île. Mais les Allemands n'ont pas été les seuls à "bouder" cette destination.

Entre 2001 et 2002, les entrées des Suisses ont diminué de 17,63%, celles des Hollandais de 14,83%. Pour les Polonais, ça a été une véritable dégringolade : moins 55,68% ! Une perte toute relative puisqu'en 2001 moins de 10'000 ressortissants polonais avaient choisi la Grande-Canarie pour passer leurs vacances.

Toutefois, de 2001 à 2002, le nombre total de touristes n'a baissé que de 7,13%. Pourquoi ? Parce que la défection de la clientèle allemande a été compensée par l'arrivée de nouveaux vacanciers : plus de Norvégiens, plus d'Italiens, plus de Français (+ 10,45%). On le sait quand les Allemands partent les Français arrivent. Le nombre de clients russes a explosé : + 70,67% passant de 416 en 2001 à 710 en 2002 ! Le Royaume-Uni, deuxième marché plus important pour la Grande-Canarie s'est à peine inflàchi (- 3,65%).

La Grande-Canarie a, il est vrai, de quoi continuer à séduire les vacanciers, souligne Valentin Gonzàlez Garcia, responsable du Département Promotion au Comité du Tourisme de la Grande-Canarie. Il y a le ciel, toujours bleu, le soleil, la mer. Un climat agréable et stable quasiment toute l'année, une offre hôtelière de très bon niveau, une offre touristique variée, des prix légèrement en dessous du niveau européen. Son appartenance à l'Europe fait de la Grande-Canarie une destination sure.

Par ailleurs, le comité du Tourisme n'entend pas non plus rester les bras croisés. Pour faire face à une situation somme toute inquiétante, diverses mesures ont été décidées : amélioration de la qualité de l'offre, embellissement des zones touristiques, meilleure promotion à l'étranger pour consolider des marchés existants importants (Grande-Bretagne et Pays Scandinaves) et développer des marchés "émergents": France, Italie, Russie. Pour ce qui est de l'Allemagne, alors qu'un ralentissement plus intense encore est prévu pour cet hiver, le Comité du tourisme n'a pas hésité à déléguer, dans les zones sinistrées, des volontaires pour venir en aide aux populations, à continuer à leur apporter une aide financière. Il a même invité un groupe de personnes touchées par les inondations à séjourner gratuitement sur l'île. une façon de garder le contact en prévision de jours meilleurs.

Nouveaux développements touristiques

Trouver d'autres développements touristiques fait également partie des objectifs des responsables du tourisme de la Grande-Canarie. on cherche à augmenter le nombre et l'importance des "incentives", à preuve un incentive allemand ayant regroupé 800 participants. Le tourisme rural avec notamment le tourisme troglodyte a le vent en poupe, l'offre golfique se fait plus importante, le nombre de spas se développe rapidement avec notamment le tout récent et merveilleux spa du Grand Hotel Costa meloneras.

Est-ce à dire que le tourisme de la Grande-Canarie cherche à changer d'image ? "Non, affirme Valentin Gonzàlez, nous ne pouvons nous passer du tourisme de masse. nous cherchons simplement à diversifier l'offre. pour les mois à venir, la politique reste prudente. un exemple, on diminue le nombre de lits de fçon à ne pas avoir à casser les prix."

Odile Koehn